9 oct. 2015

LES BATISSEURS OU LE RENOUVEAU DE CASTELBOUC

A Claude ... l'un des bâtisseurs, 
dont c'est l'anniversaire en ce 9 Octobre

Une récente expérience – pas très agréable – m’a fait faire un bond dans le passé d’une trentaine d’années.
 Grâce au mémoire  de  Christine FIRMIN  « Mémoires de Castelbouc »  vous avez pu prendre connaissance de l’Histoire  de  CASTELBOUC avec un grand H.
Il fut écrit à la fin des années 70 et elle y précise, notamment :
 Je vais à présent vous narrer l’histoire du renouveau de CASTELBOUC.
Il y a eu des habitants dans le hameau jusque dans les années 50 puisque l’école du village accueillait encore des élèves à cette date là. Pour preuve des cahiers découverts dans les ruines de l’école et que je vous ferai découvrir plus tard
- Puis la majorité des habitants a « migré » de l’autre côté du Tarn, versant beaucoup plus ensoleillé et d’accès plus facile.
En effet, l’arrière du hameau n’aperçoit le soleil en été que lorsque celui-ci réussit à « franchir » le rocher sur lequel est construit le château, et en hiver, le soleil disparaît pendant 2 mois derrière le Causse Méjean.
- il est possible qu'ils aient abandonné le village pour profiter du confort moderne : l'électricité. A l'époque les installations n'avaient pas franchi le Tarn
- Les habitants ont peut-être également migré parce qu’une importante administration française leur a proposé de racheter tous leurs biens.
En effet, dans les années 60, la Caisse de Dépôts et Consignations (on nous a rapporté qu’un haut responsable de l’époque était tombé amoureux du site) a racheté toutes (ou presque, car quelques irréductibles ont résisté à l’offre de la C.D.C !) les parcelles de CASTELBOUC avec l’ambition de faire du site un Village de Vacances.
Les premières maisons à être réhabilitées furent celles en façade du Tarn et elles furent acquises essentiellement par des Hollandais, Allemands, Belges.
ANNEES 70 : A cette époque, un spectacle nocturne « son(s) et lumière » était projeté tous les soirs en été : depuis la guinguette de l’autre côté du Tarn (aujourd’hui abandonnée), là où est aujourd’hui le Panorama, le château était illuminé et la légende était contée par les Sociétaires de la Comédie Française (dont Jean PIAT). C’était superbe et impressionnant.
Les personnes ont changé, (ou les orientations) : quoi qu’il en soit la Caisse de Dépôt et Consignations a abandonné le projet de Village de Vacances et, petit à petit, l’arrière du site est tombé dans l’oubli … et en ruines.
Dans les années 70, mon grand oncle était le seul résident permanent dans cette partie du hameau. Lorsqu’il nous a quittés, sa maison est devenue, pour la bande de copains que nous étions, le lieu où nous venions nous détendre et passer de super bons moments, d’abord en couple puis avec nos jeunes enfants.
Pourtant les conditions de vie n’avaient rien de ce que l’on peut attendre du confort actuel : pas de toilettes, une seule grande pièce où nous prenions nos repas auprès d’une cheminée qui refoulait ! (ce qui nous obligeait à ouvrir la porte alors qu’à l’extérieur il faisait 3°), une autre pièce au-dessus où nous répandions les matelas sur le plancher pour la nuit.
Parmi cette joyeuse petite bande, deux couples décident de restaurer l’école du village et de se la partager.
1981 : Rendez-vous est donc pris avec la Caisse de Dépôts et Consignations à TOULOUSE, où la personne qui nous reçoit nous dit en parlant des « biens » qu’ils avaient acquis à CASTELBOUC : « c’est tout ou rien … »
A 35 ans rien ne vous arrête ! : nous avons donc pris le « tout » : des ruines, quelques parcelles de terrain … le CHÂTEAU et la CHAPELLE ST JEAN-BAPTISTE !!!.
Et là où des esprits chagrins ne voyaient (ou ne voient encore) que des ruines, nous avons vu un passé, un patrimoine à reconstruire.
Nous avons donc cherché, d’abord dans notre entourage puis par petite annonce, des personnes  motivées par le challenge  consistant  en   l’achat  des « ruines » (et il fallait vraiment avoir de l’imagination à ce moment-là) et à leur réhabilitation.
Parallèlement, d’autres amoureux du site ont entrepris des restaurations, soit en rachetant auprès d’anciens résidents qui n’avaient pas vendu à la CDC, soit en maintenant le bien patrimonial.
CE FUT LE TEMPS DES BÂTISSEURS.
Et pour qui connaît CASTELBOUC nous n’avons ménagé ni notre temps, ni nos efforts pour reconstruire, à la force de nos bras et de nos volontés, ce qui fait maintenant l’admiration de milliers de touristes !.
En 1993, est créée l’Association pour la Protection et la Sauvegarde du site de CASTELBOUC et je constate – à titre personnel – deux catégories d’occupants sur le site aujourd’hui :
- les « primo-bâtisseurs » qui savent ce que représente CASTELBOUC en termes de travail, d’engagement, de vacances passées à restaurer, mais également de patrimoine,…
- et les (rares) nouveaux venus qui n’y voient aujourd’hui qu’un lieu de villégiature réputé ! et qui n’ayant pas participé à l’aventure, ne considèrent les quelques ruines qui subsistent que comme un tas de pierres gênant !.
Or, le site étant protégé, on ne peut reconstruire que ce qui a existé (photos à l’appui pour les Bâtiments de France) : il est donc important de préserver les quelques parcelles qui restent.
2013 enfin : aujourd’hui, la vision qu’avait eue le Responsable de la Caisse des Dépôts et Consignations s’est réalisée : le village – qui n’accueille aucun résident permanent – grouille de vie, de joie, de convivialité, de cris d’enfants dès l’été et comme les primo-occupants ont pris quelques rides mais disposent désormais de plus de temps, il y a de la vie pratiquement toute l’année.
Nous avons tous « grandi » ensemble : les bâtisseurs, leurs enfants, et maintenant les enfants de leurs enfants !!.
J’espère que cet esprit de solidarité autour de la Protection et la Sauvegarde du Site perdurera parmi les habitants de ce petit village pas tout à fait comme les autres …
Et contrairement aux irréductibles gaulois, nous n’avons pas peur que le ciel nous tombe sur la tête… (enfin ! pas tout le monde) !
Janine

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voici un extrait trouvé sur le site du
 Nathalie Dominik, Raymond Pauget, Rémy Soulier

"Le classement des Gorges du Tarn et de la Jonte, mesure maximale de protection prévue par le Code de l’Environnement, initié en 1990, a été décidé par décret en Conseil d’Etat du 29 mars 2002.

Une partie de ce vaste territoire bénéficiait déjà d’une protection au titre des sites inscrits (Gorges du Tarn inscrites le 31 mars 1942 etGorges de la Jonte le 11 août 1989) . Mais, alors que cette protection minimale ne concernait que les versants et la vallée et ne remontait pas au-delà de Castelbouc, le site classé couvre désormais jusqu’au vallon de Quézac-Ispagnac, véritable porte naturelle, géographique et géologique, et déborde largement sur les causses afin de tenir compte des unités et perspectives paysagères ainsi que des liaisons causses-vallées, lisibles tant dans l’espace que sur le plan économique ou culturel.Le site classé des Gorges du Tarn et de la Jonte, l’un des plus vastes de France, représente un peu plus de 20 000 ha et s’étend sur 17 communes dont 3 situées en Aveyron.

Il constitue un univers très varié correspondant à deux mondes, celui des causses (causse Méjean, causse de Sauveterre, causse Noir) et celui des vallées, étroitement imbriqués par leur économie et leurs relations humaines, et pourtant si différents par leur climat, leur paysage, leur forme, leur flore et leur architecture. Ces diversités réunies en un seul pays en font toute la richesse et ont justifié que la plus forte mesure de protection réservée en France à un site soit appliquée à ce territoire si spécifique."

1 commentaire:

  1. qu'elle belle Histoire ... Mais aussi quelle volonté et que d'efforts
    Un GRAND BRAVO !! Une Réussite ! Merci pour le passant que je suis

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